Grossesse issue d’un viol: comment réagir ?

Chaque femme semble avoir une conception différente de la maternité. L’envie d’avoir un enfant ne nous vient pas au même moment, non plus dans le même contexte, ou moins encore pour les mêmes raisons. Oui, mais il est là question de celles qui choisissent d’en avoir ou pas. Nous parlons beaucoup du désir de maternité. Les futurs mamans se lancent dans cette aventure par choix et avec beaucoup de joie. Oui c’est beau, parce qu’elles le veulent. Mais qu’en est-il de celles à qui on l’impose ?

L’acte de violence

Les femmes doivent pouvoir disposer de leur corps, le contrôler, decider qui a le droit ou pas de partager leur intimité. Il devrait en être ainsi. Malheureusement, et on le découvre un peu plus chaque jour grâce à la libération de la parole de ces femmes, grâce à ce mouvement dont vous avez sans doute entendu parler, qu’il y a un nombre incalculable de personnes abusées qui se retrouvent désabusées chaque jour. Ils, ces hommes assoiffés d’un désir inexplicable, détruisent des vies entières pour un plaisir de quelques secondes, et continueront à faire leur vie sans la moindre séquelle. Peut-être même qu’ils s’apprêtront à renouveller l’indigne expérience.

Pendant ce temps, elles y pensent sans cesse. Cette image nauséabonde qui défile dans leurs têtes. Elles pensent à comment ne plus y penser, et se retrouvent à commettre parfois l’irréparable. Mais à quoi bon, il n’y aura pas de coupable, pas de jugement. Les autres souffriront de leur impuissance à les faire condamner, en plus d’avoir peut-être perdu cet être qu’ils aiment tant.

Quelle suite pour elles?

C’est possible qu’avec le temps elles arrivent à se reconstruire. Il le faut, j’imagine ô combien c’est difficile mais il faut se battre et reprendre goût à la vie. Effacer sans oublier, mais avancer sans se figer sur ce passé. Mais comment réagir quand ils laissent une trace visible après cela? Quand elles découvrent qu’elles portent en elles une partie de l’ADN de leurs bourreaux? Quand elles apprennent sans joie qu’elles attendent un enfant issu de cet autre. Le souvenir constant, la douleur grandissante. Réussont-elles à passer outre le contexte? Ce n’est sûrement pas facile de trouver du positif dans cela.

J’imagine que nous pouvons distinguer différentes réactions selon chacune. Pour certaines, c’est catégorique. Il n’y a aucun doute qu’elle ne porteront pas son sang. Qu’il n’est pas question de revivre chaque jour ce moment à travers ses yeux qui seront les siens. Qu’on leur rappelle tous les jours ô combien cela doit être dur de vivre avec. Il y a cette honte qui les devorent, cette culpabilité. Mais NON, elles n’en sont pas coupables. NON Mesdames, vous ne l’avez pas souhaité. Ce n’est pas une simple décision que de faire le choix de s’en séparer, s’en éloigner. C’est un être qui ne verra jamais le jour, mais il faut les comprendre. Il leur faut entamer un processus de reconstruction et pour elles celà commence peut-être ou sûrement par là.

Et les autres? Comment font-elles pour accepter ce fait ? Peut-on réellement imaginer le courage qu’il faut pour surmonter cela? Essayons. Elles se disent peut-être que cet enfant n’a rien demandé et qu’il n’est pas juste de lui ôter la vie. Peut-être qu’elles n’ont pas ce courage d’avorter, non pas par faiblesse, bien au contraire. Il faut une telle force psychologique pour penser à ce petit bout qui grandit en elles plutôt qu’à elles en premier. Pour le voir comme un cadeau du ciel malgré le contexte difficile de sa conception. Comment expliquer à son enfant que son papa est un monstre? Pourquoi il n’est pas là ? Pourquoi il n’y a que maman qui ira le chercher à l’école. J’imagine qu’on les sur-protège par rapport à d’autres. Car oui, ils ont besoin de cette protection.

Le regard des autres

En effet, on le sait malheureusement même avec une épreuve aussi difficile il y a toujours des personnes qui pensent que vous le méritez. Qui vont le répéter à d’autres à chaque fois qu’elles vous verront passer. Qui vont regarder votre bébé de travers malgré son innocence et son insouciance. Elles ne vous verront jamais comme une victime. Tant que celà n’arrive qu’aux autres c’est rassurant pour eux. Oui, quel monde de brutes!

Ma vision, mes conseils

Vos conseils pourront sûrement en aider d’autres alors n’hésitez pas à les partager. Pour ma part je dirais que tout passe par l’éducation. Il faudrait commencer à apprendre à son enfant, lui expliquer ces choses là assez tôt. Tout ne s’apprend pas à l’école. Les parents doivent faire preuve de pédagogie et de tacte mais c’est très important pour éviter que le scénario ne se répète. Pour éviter que votre fils ne reproduise ce que son géniteur vous a fait, pour éviter qu’une autre fille subisse ce que vous avez vécu.

À toutes les filles qui se sont vu imposer une grossesse non désirée, ne vous sentez pas coupables de ne pas l’assumer. Pensez à vous reconstruire, à vous faire aider. Ne vous enfermez pas et ne vivez pas seule cette période difficile. Il y a des pays où la justice ne fait pas grand-chose au grand regret de tous. Des pays où s’il vous arrive malheur plutôt que d’en parler il faut se taire. Parce que tout est tabou. On met en avant la pudeur mais parfois c’est l’hypocrisie qui trime. Tais-toi, autrement le fils d’un tél ne voudra pas t’épouser. Double peine.

Vidéo : Conférence sur les violences sexuelles au sein de la communauté Comorienne.

À tous ces hommes qui brisent ces vies. On espère que vos actes vous hantent et que vous éprouvez ne serait-ce que des remords pour celles que vous avez détruit. Que vous comprendrez le jugement qui vous sera réservé pour votre crime. Personne ne souhaite voir un proche humilié mais si vous voulez avoir une idée du mal que celà leur fait (à ces femmes) et de l’impact que celà a dans leur vie, pensez à vos filles, à vos soeurs, à vos femmes. Je ne doute pas que le sentiment de rejet peut mener à une frustration. Mais il ne faut pas le prendre comme une atteinte à votre virilité. Il faut absolument savoir, comprendre que ce n’est pas parce que vous voulez, que l’autre veut aussi. NON c’est NON Et seulement OUI veut dire OUI.

À tous ceux et elles qui trouvent une raison à tout au point de justifier ces actes, apprenez à écouter les autres, les aider, plutôt qu’à les juger et les enfoncer. Personne n’est parfait dans ce monde mais chacun essaie de vivre au mieux. Peu importe la personne (bonne ou mauvaise selon vos critères) rien ne justifie une agression, un viol, un meurtre… Tout ce que vous ne voudrez pas pour vous, ne le souhaitez pas aux autres !

Je me permets de vous mettre le contact d’une jeune thérapeute que j’ai découvert ce jour (30 janvier 2020). J’espère qu’elle pourra vous aider si besoin. Elle fait une intervention sur la vidéo ci-dessus.

Ceci n’est que ma perception des choses N’hésitez pas à partager la vôtre. Je peux également publier vos histoires en anonyme si vous le souhaitez.

contact.lesaventuresdenas@gmail.com

À très bientôt.

NasYou.

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