Le pardon…

Le pardon. Que vous inspire ce mot? Je pense que nous en connaissons tous la définition, mais vous dit-il quelque chose ? Pensez-vous être en attente d’excuses ou en devoir à quelqu’un?

Il n’est un secret pour personne que justement « personne » n’est parfait, que nous commettons tous des erreurs. Oui, mais il y a erreur et erreur me direz-vous. Vous êtes-vous déjà posé (e) un instant pour penser à tout le mal que vous avez pu faire, au tort que vous avez pu causé à autrui ? Nous sommes souvent trop fiers pour l’admettre, et nous pouvons autant l’être pour essayer de le réparer, à commencer par demander qu’on nous pardonne par exemple.

POURQUOI DEMANDER PARDON?

Tout le monde n’a pas la faculté ou même la capacité de demander pardon. Pour le faire faudrait-il déjà reconnaître qu’on a causé du tort, se sentir coupable. Hors il arrive d’agir de manière impulsive, innocente, sans forcément avoir prémédité le geste et ainsi ne pas constater l’ampleur de ce dernier pour la personne l’ayant subi. Ça peut être des paroles, des actes. À contrario, si vous humiliez votre ami, votre voisin, pour le plaisir de le voir souffrir en vous persuadant que c’est légitime et qu’en plus ça vous apporte une satisfaction quelconque, vous êtes parfaitement conscient (e) de votre geste. Il arrivera forcément un moment où celà va vous ronger, du moins je l’espère car c’est avoir au fond de vous un peu d’humanité. Ça peut prendre un jour, trois mois, 10 ans, le fait est qu’avec le temps on réalise des choses, et l’on éprouve des regrets (pas toujours pour certains). « Pourquoi ai-je fait ça ? »

Demander pardon c’est s’enlever un poids. Rien ne prédit que vous serez pardonné (e), mais au moins vous aurez essayé. Ça n’effacera pas le mal que vous avez fait, ça ne résout pas tout. Mais sachez-le, le sentiment qui accompagne votre démarche est peut-être même plus important que le fait de lui dire « pardonne-moi. » Il faut le vouloir, y croire. Oui parce que présenter des excuses en souriant et sur un ton moqueur n’a rien de sincère. Et voilà ce qu’il faut, de la sincérité. Faire entendre à votre victime que vous avez compris, que vous en êtes réellement désolé (e), que vous le regrettez.

« Les actions ne valent que par leurs intentions. »

Il y a des choses qui nous semblent insignifiantes, « oh mais ce n’est rien, je rigole. » Mais si après coup vous vous rendez compte que vous venez de faire quelque chose que vous n’auriez pas aimé qu’on vous fasse, c’est que ce n’était pas si marrant que ça en réalité. Prendre alors l’initiative d’entreprendre la démarche est peut-être nécessaire.

Souvent je m’interroge sur mes erreurs du passé, de jeunesse. Et je n’utilise pas le mot « jeunesse » pour me dédouaner de quoi que ce soit. Je commence à me sentir vieille simplement. Je repense à cette vie passée la comparant à la présente. Je réalise que j’ai été inconsciente à certaines périodes, voire-même stupide. Qu’il y a sûrement des personnes pour lesquelles mon prénom évoque de la colère, justifiée ou pas. J’en ai bavé, vous aussi peut-être, mais ça n’excuse rien. Non parce qu’il y a des gens qui estiment avoir plus le droit de faire du mal parce qu’ils ont subit pire. Non et non … Votre douleur aussi légitime soit-elle ne doit pas être transmise à tout le monde. Si on vous a fait souffrir à un moment de votre vie, vous savez sûrement que ce n’est pas agréable, que c’est émotionnellement pénible. Mais alors quel plaisir pensez-vous ressentir à le faire subir à d’autres? Cela peut-il vous aider dans votre processus de guérison ?

« Je te demande pardon si des années plus tard revoir mon visage te stresse? Si j’ai été cause d’une de tes larmes, d’une de tes nombreuses blessures. Je te demande de m’excuser pour ne pas avoir réalisé à quel point je t’ai blessé, si je t’ai autant blessé. Mes paroles n’effaceront rien certes, mais je tenais à ce que tu le saches. Pardonne-moi ! »

POURQUOI PARDONNER ?

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir coupable d’avoir refusé des excuses ? C’est un peu ironique parce que l’autre se sent soulagé d’avoir sauté le pas et vous peut-être un peu mal de ne pas arriver à donner satisfaction à sa demande. Il va pouvoir mieux dormir en se disant « j’ai fait le nécessaire, j’ai fait ce qu’il fallait faire » et vous continuer à vous ronger l’esprit et le coeur en y repensant tout le temps. C’est juste horrible. Il n’y a rien de scientifique dans mes dires je le souligne, je relate juste mes pensées et du vécu.

Donc, oui souvent je repense à cette douleur enfouie. Cette même douleur qui remonte à chaque fois qu’un élément déclencheur se manifeste. Puis je m’interroge à la façon de la faire disparaître, de m’en défaire. Je me dis que pour ma paix intérieure je devrais prendre l’initiative de pardonner. Parce qu’attendre des excuses qui ne viendront sans doute jamais c’est très pénible. Puis il ne faut pas forcer les choses. Comme je le disais plus haut il faut avoir conscience du mal qu’on a pu faire avant de penser à se faire pardonner. Donc oui, à quoi bon ? Le temps n’attend pas, et contrairement à ce qu’on se dit parfois, il ne se rattrape pas non plus.

Pardonner n’est pas oublier. On peut pardonner sans pour autant effacer le passé, sinon plutôt s’en libérer et avancer. Je ne dis pas qu’il faut souffrir pour être fort, mais il faut dire ce qui est. Généralement notre vécu aussi malheureux soit-il conditionne la personne que l’on devient plus tard. Il y a ceux qui arrivent à se relever en faisant une force et ceux qui continuent d’en souffrir au point de ne plus être que l’ombre d’eux-mêmes. Cette dernière n’étant clairement pas la meilleure des suites.

Donc oui, on peut pardonner sans qu’on nous demande de le faire. Il faut se libérer de ce poids, qui pèse lourd dans votre vie. Le faire ne veut pas dire que vous rendez service à l’autre. Non, ne partez pas de ce principe. Si votre bien être personnel vous semble plus important que ce que peuvent bien penser les autres, alors n’hésitez pas. Oui, j’aimerais que ce soit aussi simple. Peut-être pourrais-je alors arriver à me l’appliquer.

 » je décide par ces paroles de te pardonner. Je le fais pour moi, pour pouvoir avancer. Sache que tu n’as plus aucune influence dans ma vie, que j’ai survécu et que je vais vivre à présent. Tu m’as fait du mal, je ne sais pas si tu en es fier (e) mais je suis bien plus fort (e) que tu ne le penses. Alors oui je te pardonne mais je n’oublie pas »

MAIS ENCORE… ?

C’est un fait, nous faisons tous des erreurs plus ou moins graves. Nous avons tous déjà fait du mal de manière plus ou moins volontaire. Certains se sentent fiers, d’autres coupables, mais peu réalisent l’impact que leurs actions (même minimes) peuvent avoir dans la vie de leurs victimes. Vous avez peut-être subi un harcèlement scolaire, vous avez été humilié (e), violé (e), trompé (e), mal traité (e)… Je pars un peu dans l’extrême mais ça n’arrive que trop souvent malheureusement. Vous réalisez aujourd’hui que cette période vous a profondément marqué, conditionné, mais vous savez aussi qu’il est possible de tourner la page. Je vous l’accorde, ce n’est pas si simple, je ne le sais que trop.

Pardonnez pour vous apaiser. Pardonnez sans attendre qu’ils viennent vous l’implorer. Pardonnez-leurs sans même leurs dire un mot. Faîtes-le pour vous. N’oubliez pas, mais pensez à la chance que vous avez d’être encore là, de pouvoir changer les choses. D’autres n’ont pas pu, ne pourront jamais le faire.

Demander pardon n’est pas un signe de faiblesse et pardonner ne fait pas de vous une personne faible. Vivez le coeur apaisé, avancez et laissez derrière vous toutes ces choses qui ne pourront que continuer à vous nuire. Nous avons tous réalisé à quel point la vie est fragile, alors soyons forts. Dieu éprouve parfois ses créatures, il a éprouvé les meilleurs d’entre nous, nos exemples pour ce bas monde et l’au-delà. Alors ne perdez pas espoir et relevez-vous du bon pied.

NasYou.

Catégories :Le quotidien

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