Quitter Paris: sauter le pas!

Ah Paris, capitale de l’amour, la ville lumière. Beaucoup rêvent de la visiter, d’autres d’y vivre. Il faut dire qu’elle a son petit charme, unique en son genre. Puis, il y a ceux, qui comme moi peut-être, n’en peuvent plus et souhaitent seulement la quitter. Certes, mais Paris est autant attachante pour les parisiens que chiante pour les provençaux (pour une bonne partie en tout cas). Pas évident de divorcer d’elle, de ses nombreux avantages, ses dizaines de transports en commun. Oui, la facilité de déplacement est sûrement ce qui m’y a retenu aussi longtemps. Puis il faut se l’avouer, il y a d’énormes opportunités à Paris. Beaucoup viennent tenter leurs chances, que ce soit des artistes, de futurs grands managers… Si vous aimez vous amuser jusqu’à pas d’heure, vous y trouverez votre compte … D’accord, il est difficile de faire autant actuellement étant donné la crise sanitaire qui nous fait vivre au jour le jour. En fait il n’est possible de rien faire en ce moment, mais bon, nous sommes tous au courant de ça, #reconfinement. D’ailleurs encore beaucoup plus de personnes partiraient bien si elles en avaient l’occasion. Ici je parle de Paris en temps normal.

Tout d’abord, je fais une petite parenthèse pour remercier les quelques personnes qui me lisent, qui m’ont déjà lu, mais surtout ceux et celles qui vont continuer la lecture. Le fait d’écrire me permet de me détendre, d’évacuer. Et si mon contenu peut être utile, ça fait toujours plaisir.

Pour vous mettre dans le contexte, cela fait un peu plus de 7 ans que je suis en France métropolitaine et que je suis en région parisienne. Bon d’accord, on va se le dire tout de suite, ce sera « j’étais« … Car ouiiiiii, j’ai sauté le pas. Après avoir longtemps hésité, mais je l’ai fait. Et vous?

Ma vie en région parisienne !

L’homme en général n’aime pas l’inconnu, et moi encore moins. Je suis arrivée à Paris (de Mayotte) après mon Bac pour poursuivre mes études. J’ai vécu quelques semaines dans la banlieue parisienne, plus de 4 ans dans Paris intra-muros et pour finir, 2 ans et quelques de nouveau en banlieue. J’ai connu ses métros, ses bus, ses RER… C’est une région dans laquelle il faut avoir une bonne montre si vous ne voulez pas courir après les transports tous les matins et fins d’après-midi, aux heures de pointes en gros. Je ne devais pas en avoir une car j’ai l’impression de n’avoir fait que ça.

J’ai donc couru après la ligne 13, la plus (tristement) célèbre si j’ose dire, pendant 3 années de ma vie. Quand j’y repense pour rien au monde je ne reviendrai à cette époque. J’ai tardé à comprendre qu’il fallait batailler afin de pouvoir rentrer chez moi. Au début j’attendais, je me rappelle avoir attendu plus de 10 rames une fois. J’ai connu les joies, les peines, les déceptions mais finalement beaucoup d’amis et l’homme qui partage ma vie à ce jour. Très vite il a fallu trouver un appartement pouvant accueillir des jeunes mariés et enfin quitter ma résidence étudiante que j’ai quand même bien squatté pour dire la vérité. J’y ai fais des rencontres formidables d’ailleurs ! Ce sera sûrement le sujet d’un prochain article.

Deux semaines après mon mariage nous avons donc trouvé ce petit appartement à Bondy, dans un secteur pavillonnaire, très calme et à proximité immédiate du tramway. Il n’était pas « wouah », un peu vieux mais nous étions dans l’urgence. Clairement il était trop cher selon nous. C’est connu que les loyers à Paris sont souvent abusifs mais de plus en plus en banlieue aussi car les gens quittent progressivement la capitale pour aller s’y installer. De plus il y a des travaux de création de nouvelles rames et d’extension des lignes de métro existantes vers ces zones là justement. C’est le projet « Le Grand Paris Express » qui va donc dynamiser ces secteurs. Donc 740€ pour 40 m2. Et c’est là qu’on regrette son statut d’étudiant et ses avantages, au revoir les APL. Malgré ça, nous étions des locataires assidus, jamais d’embrouilles avec le propriétaire qui est très sympathique et toujours présent pour le moindre souci.

Vous avez peut-être connu des périodes pendant lesquelles vous deviez choisir entre bien manger ou payer votre loyer, ça arrive. Et c’est une situation de vulnérabilité qui peut toucher tout le monde à tout moment. Mais il faut toujours se dire que si vous ne prenez pas trois repas par jour ou avez toujours le même repas pendant un court moment c’est tenable et je soutiens qu’il faut vous rapprocher des organismes pouvant vous aider sans en avoir honte. Mais si vous êtes sans toit, vous devrez aller taper à la porte des autres (ce que tout le monde ne peut malheureusement pas accepter) ou dormir dehors. Et même en ayant une famille aimante et accueillante pouvant vous loger, on est jamais mieux que chez soi. C’est mon avis personnel. Donc malgré les difficultés, le choix était vite fait.

L’envie de partir…

Ça faisait plus de 3 ans et demi que je travaillais à Paris. J’aimais ce que je faisais, je me donnais à fond, un peu trop parfois. Je me suis rendu compte que je n’avais quasiment pas le temps de passer des moments en famille, je loupais les anniversaires etc. Avec mes horaires décalées ce n’était pas évident. Puis il y a eu une succession d’événements qui ont déclenché cette envie de changement. C’était dur mais je prends les choses telles qu’elles viennent. Je ne vivais pas pire que d’autres.

Premièrement, c’est ma grossesse extra-utérine. Je vous invite d’ailleurs à lire mon article sur ce sujet pour en savoir plus. Suite à ça j’ai eu un arrêt maladie d’une semaine qui m’a permis de me reposer pour commencer, mais surtout de partager des moments avec mon binôme, de se soutenir dans cette épreuve. Vous vous doutez bien que ce n’était pas fiesta boom boom vu le contexte mais ça m’a fait du bien. Ensuite il y a eu le confinement de mars à mai. Une période sombre pour tous mais qui comme pour vous peut-être m’a permis là encore de profiter du temps. Je ne pensais plus au travail même si au bout d’un moment ça me manquait. Je ne courrais plus après les transports, j’étais moins stressée… J’ai réalisé que j’aimais ça, avoir du temps. Mais plus le temps passait plus j’étouffais. Troisièmement ce fut ma fausse couche. Je ne l’attendais tellement pas. J’étais choquée, bouleversée, frustrée. Du jour au lendemain j’ai craqué, je me suis retrouvée à chercher des logements. Je regardais partout, mais surtout en île- de-France à vrai dire. Quelque part j’avais toujours cette peur d’aller plus loin et de quitter la région. Mon mari essayait de me raisonner, m’expliquant qu’on ne pouvait pas partir comme ça, etc. Mais moi j’étais sûre et prête, il fallait qu’on parte, qu’on change de ville, de vie.

Une occasion à point nommé !

Pendant toute cette période j’étais au chômage partiel comme beaucoup de salariés, conséquence directe de la crise sanitaire. En parallèle j’avais mes cours de conduite post-confinement. Je m’occupais aussi en faisant des vidéos avec ma petite sœur sur ma chaîne YouTube, je cuisinais, beaucoup et mon corps l’a bien ressenti d’ailleurs, #kilosentrop. Mais non, je ne suis pas pour autant bonne cuisinière.

C’est donc dans ce contexte que je reçois un message de ma responsable RH me demandant si j’ai justement le précieux sésame (oui le permis). Bien évidemment toujours pas, mais je pensais passer l’examen au mois d’août, avec le recul je me dis que j’ai surestimé mon niveau. Je commence alors à me dire qu’il va peut-être y avoir une occasion à saisir. Le lendemain elle m’appelle me proposer un poste dans la métropole lilloise. Un poste que j’avais refusé cinq mois plus tôt pour différentes raisons. Après mûres discussions, j’ai convaincu mon homme qu’il fallait qu’on saisisse cette opportunité sans trop réfléchir. Je connaissais déjà le lieu pour y être allée à deux reprises, mais toutefois pas assez pour y vivre. Pour me décider, il m’a été proposé une semaine test sur place, l’occasion de découvrir les environs. Offre acceptée, une décision prise à deux bien évidemment!

Les signaux au vert

Un soir on est sorti avec des amis et j’ai ressenti un truc banal pour beaucoup mais presque nouveau pour moi, le sentiment d’avoir une vie sociale. On était là, dans ce City Wok, on discutait, mangeait ensemble, bref, je me voyais revivre des petits moments comme ça.

Ils nous ont renseigné sur les demarches à effectuer pour la recherche de logement. Puis sans tarder nous avons commencé à pointer chez les bailleurs sociaux. Oui car chez les privés les prix sont quasiment similaires à ceux de la banlieue parisienne. À la fin du séjour nous étions presque conquis, personnellement je me voyais déjà. Trois jours après notre retour nous avons reçu le petit coup de file qui fait du bien. Notre dossier est passé en commission et a été accepté. Quoi? Incroyable! Si ce n’est pas un signe de plus qu’il fallait partir, qu’est-ce c’est n’est-ce pas ? Ça fait 4 ans que j’ai déposé une demande de logement à la mairie de Paris et ce 15 octobre j’ai reçu un SMS pour la renouveler. Autant vous dire qu’avant 10 ans d’ancienneté, je n’avais aucune chance. Cerise sur le gâteau, l’appartement est situé dans le même quartier que mes amis. Mais quelle autre preuve fallait-il que j’attende?

Maintenant il fallait prendre une décision, donner une réponse. Mais une chose qui n’était pas prévue vient perturber cet enchaînement de bonnes nouvelles. J’avais tellement envie de partir que je n’y avais même pas pensé. Il faut savoir qu’à poste équivalent, on ne gagne pas toujours le même salaire en province qu’à Paris. Zut alors ! Sans faire de suspense, je perdais 200€ brut sur le mien. Mais comme on dit, l’argent ne fait pas tout. Il fallait voir au-delà. Qu’est-ce que je gagne en plus ? Un appartement 27m2 carrées plus grand et beaucoup moins cher. Je retrouvais des amis et donc une vie sociale. J’étais à proximité de mon lieu de travail, donc moins de temps dans les transports…

Nous avons tout mis sur la table, pesé le pour et le contre et la conclusion était une évidence, nous devions quitter la région. Le reste de la famille nous a soutenu dans cette démarche et ça nous a bien aidé. Le déménagement étant pris en charge par mon employeur, un très gros avantage d’ailleurs, nous n’avions plus qu’à emballer nos cartons et dire au revoir à tout le monde. Et puis, Paris n’est qu’à une heure en train, qu’à deux heures en voiture. Rien n’empêche les uns et les autres de se déplacer de temps en temps pour se voir.

Quelle bilan de cette aventure ?

Il s’est écoulé moins d’un mois entre la proposition du poste et la signature du bail. Cela fait déjà deux mois que nous sommes ici, dans cette petite ville tranquille, dans ce coin à proximité immédiate du métro, des bus, à quelques minutes de mon lieu de travail, avec des amis, de l’espace. Et je peux dire que tout ça vaut bien plus que 200€ brut. C’est donc sans regret que nous t’avons quitté chère Paris, on ne t’oublie pas et de toutes les façons on se reverra souvent. Nous viendrons passer le temps, voir la famille, nous irons aux mariages quand le Covid-19 nous aura enfin laissé respirer. Maintenant que je n’ai plus tes dizaines de transports il va falloir que je finisse par l’avoir ce fichu permis. Oui, parce qu’ici j’ai l’impression que tout le monde est véhiculé. Le soir quand je sors du travaille les gens doivent penser que je me suis perdue. C’est à peine si je croise un autre piéton. Vous avez donc compris ce qu’il faut faire avant d’aller en Provence.

Enfin, voilà les amis. Si vous êtes dans cette situation, que vous hésitez à sauter le pas, sachez que l’inconnu peut en effet faire peur mais peut également réserver de belles surprises. Il arrive un moment de notre vie où l’on a besoin d’un changement. Il peut être moindre ou radical, mais il ne faut pas en avoir peur. Pesez le pour et le contre, ce que vous perdez mais surtout ce que vous gagnerez. L’argent ne fait pas tout et un rythme de vie sain est à mon sens plus important.

On verra si je vous dis la même chose d’ici quelques mois. Nous sommes de nouveau en confinement, et je pense déjà ressentir la différence. En attendant prenez soins de vous et vos familles et n’hésitez pas à commenter pour partager vos expériences et ressentis. Abonnez-vous à ma chaîne YouTube également, j’aimerais revenir avec du contenu mais…

Bon courage à tous et à très bientôt!

NasYou

Enfin mariés: suite de « Relations à distance »!

Il y a des histoires qui n’ont pas de suite, mais pas celle-ci. J’espérais tellement pouvoir vous la raconter. Pour comprendre ce dont nous allons parler il faut avoir lu la première partie de l’histoire, « Relations à distance » et sa suite « Quand la famille s’en mêle. » C’est le récit d’un jeune couple qui s’est formé à distance entre un jeune homme mahorais (de Mayotte) et une jeune femme comorienne (de Ngazidja).

Quatre années se sont écoulées depuis le début de leur relation. Ils sont fatigués d’attendre, impatients de se retrouver et cette fois pour ne plus se quitter. Ils ont passé l’année 2019 éloignés l’un de l’autre. Les appels ne suffisent plus, le moral prend un coup. Mais ça en est assez, il fallait faire bouger les choses, avancer. Donc Monsieur s’est décidé, il allait l’épouser. Ils ont longtemps discuté avec leurs familles respectives. Mais le fait est que tout était remis à plus tard. C’était pesant pour l’une comme pour l’autre. Déterminé, il a pris son billet, l’amour l’a emporté, toute situation a sa solution. Elles ont compris ou réalisé que c’étaient du sérieux et que rien n’allait pouvoir les faire reculer. Rien, mais c’était sans compter sur la Covid-19.

Un départ mouvementé

Comme à chaque fois qu’on est impatient de faire quelque chose, on a l’impression que le temps ne passe pas. Et là le temps passait sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit. Le départ était prévu pour le mois de mai. Vous vous souvenez du contexte? Nous sortions à peine du confinement et les vols étaient toujours suspendus entre Mayotte et la métropole. Le voyage a finalement dû être repoussé à juillet, pour le coup il n’y avait pas tellement le choix. Pendant ce temps les choses se concrétisent petit à petit. Ce n’est pas encore la folie mais le projet est de plus en plus appuyé. Madame en profite pour commencer à se préparer, à se pomponer, mais elle ne peut être rassurée tant qu’il n’est pas sur place, là, en chair et en os. Sa mère est très présente, et investie mais avec un peu de réticence, toujours à cause des différentes déceptions. Elle ne voulait pas s’emballer, avait cette peur de revoir sa fille souffrir de nouveau. Alors tout en la soutenant elle émettait des réserves. Rien contre lui, elle l’adore et ne doute aucunement de sa détermination à venir lui prendre la main de sa fille.

Le jour du départ approche mais quand ce n’est pas le moment, ce n’est vraiment pas le moment. Décidément! Visiblement la météo n’était pas bonne, il a alors préféré annuler son vol. Puis un autre risque d’annulation survient à cause du nouveau protocole sanitaire à respecter, à savoir faire le dépistage du Covid-19 72h avant le jour du départ. Mais fort heureusement, il l’a échappé belle en partant finalement la veille. Ça y est, il était dans ce vol, plus qu’à quelques heures de la retrouver, de se retrouver.

Une arrivée pleines d’émotions

Pendant que monsieur compte les heures, madame s’occupe comme elle le peut pour qu’elles passent encore plus vite. Pâtisserie, amuses bouche, ménage… Il fallait que tout soit prêt pour pouvoir pleinement profiter de chaque minute, de chaque seconde, plus tard. Elle n’ira pas le chercher à l’aéroport. Non, c’est sa mère qui s’y colle. Accompagnée de membres de sa famille, elle l’accueille chaleureusement avec ces fameux colliers de jasmin qu’on aime tant. Le voilà tout intimidé, c’est quelqu’un qui aime la simplicité, quelqu’un de très discret, enfin peut-être.

Et c’est parti, en route pour retrouver sa dulcinée. Oui, il ira la voir en premier avant de rentrer chez lui. Vous visualisez un peu? Enfin, il est là. À peine il traverse la porte qu’elle lui saute dans ses bras. Il a encore son sac à dos, son bagage en main. Elle pleure, autant qu’elle sourit. Un câlin qui aura duré, mais pas assez longtemps pour rattraper le temps. Mais comment ne pas pleurer après avoir surmonté tout ça, après avoir été tant privé l’un de l’autre. Les voilà, de nouveau ensemble, plus forts et plus amoureux que jamais. La suite ne pourra être que plus belle.

Un mariage au jour le jour: exit l’organisation

Ils ne se quittent plus. Mais que feriez-vous, vous? Il passe quasiment toutes ses journées chez elle. C’est de plus en plus officiel. Les discussions entre les familles se poursuivent timidement, mais quoi qu’il en soit, ils iraient jusqu’au bout cette fois. Puis très rapidement, un premier rendez-vous est un fixé. Il était question de parler de la dote. Eh oui, on peut échapper à tout, sauf à ça. Pour rappel la dote est un dû pour la mariée, et chacun est censé la donner à hauteur de ses moyens. Normalement! Je vous invite à lire « Le business des mariages comoriens en France » pour comprendre ce normalement. Encore une fois, son contenu n’est que ma perception des choses.

Donc à cette occasion les familles devaient se rencontrer pour fixer son montant. Madame s’est faite toute jolie au cas où la famille de son homme demanderait à la voir. Elle a eu raison d’ailleurs. Elle s’est faite maquillée pour la première fois, vêtue de son caftan blanc telle une princesse orientale. Les discussions se sont très bien passées, à une vitesse incroyable. Ça mangeait, ça dansait, ce fût le début d’un mariage qui aura eu pas moins de trois étapes. Trois fois plus de bonheur donc.

Le jour de la dote

Tout le monde était content, et notre jeune couple aux anges. Ils pouvaient enfin se regarder, se sourire, se tenir la main et se câliner en toute liberté. Enfin du concret. Il y avait une telle ambiance que ça a dû déclencher quelque chose qui allait faire toute la différence. Vous devinez quoi? Oh grand oui, la mère de Monsieur veut finalement être là le grand jour. Elle ne veut pas louper ce moment, le mariage de son fils chéri. Celui qui allait la rendre plus fière que tout. Septique pendant ces longues années, la volonté de son fils l’aura emporté. Au final le plus important pour une mère, un père, c’est ça, voir son enfant heureux. Et pour le coup il était très heureux. Comme on dit chez nous, Macha’Allah!

Dans l’attente de belle maman…

Il fallait maintenant faire une petite pause, attendre que future belle-mère arrive. Mais comme tout était trop beau pour être vrai, il fallait quelques frayeurs pour pimenter les choses. Toujours dans le contexte de la Covid-19, il fallait donc faire le fameux test 3 jours avant de prendre le vol en direction de Mayotte. Mais à la veille de son départ, elle n’avait toujours pas ses résultats. Le voyage fût alors annulé pour elle. Grosse déception pour tout le monde! Pour sa deuxième tentative de départ, elle arrive à l’aéroport de Paris mais se fait recaler car cette fois il dépassait les 72 heures. Décidément, quand ça ne veut pas, on ne peut y faire grand-chose. Découragée, elle se résout à rater le mariage de son fils et reprend le train pour retourner chez elle….

C’est triste n’est-ce pas? Mais Non, ça n’arrivera pas car elle va retenter le coup une troisième fois. Et oui, c’est bien la bonne. Là voilà enfin sur le sol mahorais, elle aussi a droit à son collier de jasmin bien sûr. Alors qu’elle est en route pour chez elle, à peine arrivée donc, elle fixe la date du mariage. Mais non, quoi? Déjà? Mais pour quand? Tenez vous bien, à seulement 48 heures plus tard. Oui, tout s’accélère soudainement. Mais heureusement pour notre future mariée, elle était prête. En effet, au fur et à mesure elle se préparait, ne sachant pas trop comment ça allait se passer.

Le Halal ou Hlel : Enfin mariés!

Le Hlel, c’est le mariage religieux, le plus important pour les musulmans. C’est celui qui selle officiellement l’union. Il n’y a pas besoin que tout le quartier soit là, ça peut se faire en discret. Ils l’avaient tellement attendu ces deux là. Et voilà que leur souhait pour ne pas dire rêve, allait enfin se réaliser.

Le jour du Hlel

C’était le 9 août dernier, oui c’est tout récent. C’était prévu très tôt le matin. Mais comme toujours, il fallait un petit quelque chose pour venir les déstabiliser. À 06h00 elle était déjà prête, vêtue de son sahari, de manière très traditionnelle. Elle était prête à devenir la femme de son homme. Et lui était prêt à faire d’elle sa femme. Mais elle commençait à paniquer, le temps s’écoulait et elle ne le voyait toujours pas franchir cette porte. Il y avait ce qu’on peut appeler un gros retard. J’ai vécu la même chose à mon mariage, c’est horrible. La crainte qu’il ne vienne plus, qu’il ne veuille plus … Mais soyez tranquilles les amis, quand Dieu dit oui personne ne peut dire non. Les voilà, qui arrivent. Il est bien entouré, ses deux parents, sa tante et l’Imam. C’est l’émotion dans toute la maison. En effet je ne détaille pas tout, mais vous imaginez bien qu’il y avait du monde, tout l’entourage de madame était présent pour ce moment inoubliable. Sa maman, son papa, ses frères et soeurs, ses oncles et tantes… Après les serments et les bénédictions, le voilà enfin qui lui met la bague doigt. Il faut savoir que cette étape là procure beaucoup d’émotions. Ou peut-être faut-il l’avoir vécu pour le ressentir. Je me revois!

Je fais une petite parenthèse pour vous dire que dans cette vie, il ne faut jamais perdre espoir, jamais! Chacun son jour ou comme on dit chez nous, chacun son dimanche !

Quel jour festif, quel bonheur! Des larmes de joie qui ne cessent de couler de part et d’autre. Des sourires et des rires aux éclats. Le voilà enfin, leur bonheur. Elle n’a jamais autant dansé, lui aussi d’ailleurs. Il fallait profiter pleinement de ces instants merveilleux, inoubliables. C’était leur jour, celui qu’ils avaient attendu quatre années durant. La suite n’était que bonus pour eux. La troisième étape de cette aventure sera de faire savoir à tous que leurs enfants étaient mariés.

Le grand final : le chidjabu

C’est maintenant autour des parents de se réjouir. Les familles sont unies, il y a de la joie, de l’amour. Qui l’aurait cru, c’est tellement beau à voir. Il est important pour les mamans comoriennes, maoraises d’exprimer leur fouraha et de le communiquer à leur entourage (familles, amis, voisins…). Le grand mariage de Mayotte c’est le manzaraka ou mandzaraka. Une étape importante qui demande d’avoir des moyens financiers conséquents. Mais pour eux, il n’était pas question de faire ça dans l’immédiat. Plus tard peut-être. Alors elles (les familles) ont opté pour le chidjabu, c’est presque la même chose, mais normalement moins coûteux, oui normalement.

Le jour du chidjabou

Là il fallait un peu plus d’organisation. À cette occasion la famille de la mariée prépare à manger (riz, salade, viande, boissons etc…) et la famille du marié vient avec ses invités profiter du festin. La reine du jour reçoit de l’argent, des bijoux et des cadeaux de la part de ces derniers. Une journée rythmée par les chants, la danse, la joie et la bonne humeur… Que demander de plus! Cerise sur le gâteau, la maman du marié offre à son fils une arrivée en limousine. Et à la fin de la cérémonie, c’est à bord de ce dernier que notre jeune couple partira pour aller profiter pleinement d’un beau week-end en amoureux. Elle était contente, ça pouvait se lire sur son visage, on peut même aller plus loin et dire qu’elle était fière, très fière de son fils et de sa désormais belle-fille. N’est-ce pas une belle fin ou plutôt le début d’une plus belle histoire!

C’est un rêve qui s’est concrétisé le jour même de leur anniversaire de rencontre, ou plutôt de leur début de relation. Quatre ans, jour pour jour! Ils se marièrent et Incha’Allah auront beaucoup d’enfants…

À la fin du chapitre précédent on se posait la question de savoir si 2020 allait être leur année ? C’est une année très difficile pour le monde entier, et très sombre pour beaucoup, nous en sommes tous conscients. Mais malgré les difficultés, les tragédies, on peut encore vivre de beaux moments, car oui malgré tout, la vie continue !

J’espère que l’histoire de ce jeune couple vous aura (re)donné de l’espoir. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc, il faut savoir s’adapter, être partient. L’amour à lui seul ne suffit pas pour tenir une relation, encore moins une relation à distance. Il faut avoir confiance en l’autre, y croire… Alors n’abandonnez pas, explorez toutes les options et vous trouverez la solution à votre situation.

Amoureusement,

NasYou!